Une colonie d’environ 200 réfugiés a vécu à Aarau

Vorträge im Chor der Stadtkirche<div class='url' style='display:none;'>/kg/via/</div><div class='dom' style='display:none;'>ref-sh.ch/</div><div class='aid' style='display:none;'>5063</div><div class='bid' style='display:none;'>53451</div><div class='usr' style='display:none;'>330</div>
Lors de la deuxième assemblée générale de l’association « Sur les pas des Huguenots et des Vaudois du Piémont Argovie- Zurich-Schaffhouse » l’historienne Margrit Wick-Werder a fait une conférence sur les voies d’eau et le transport des réfugiés français à travers la Suisse. Le pasteur Régine Lagarde a évoqué la colonie huguenote qui a vécu pendant une dizaine d’années à Aarau. Entre les conférences il y avait du temps pour écouter de la musique autour du psautier huguenot.
Une colonie d’environ 200 réfugiés de France et du Piémont a vécu pendant une dizaine d’années, de 1685 à 1699, à Aarau. Les arrivants travaillaient pour une grande partie dans les manufactures de textile. Parmi eux se trouvaient quelques entrepreneurs qui ont créé leur propre entreprise. On a tenté de planter des mûriers pour l’élevage des vers à soie, pourtant sans succès. Pour un certain temps on a pu loger des Huguenots dans l’école latine de la Milchgasse qui n’était pas occupée à ce moment-là. A partir de 1692 le pasteur Guillaume Barjon qui avait pu s’enfuir des Cévennes veillait sur la colonie. Auparavant les pasteurs de la Stadtkirche d’Aarau s’étaient occupés d’eux. Lors de la dissolution de la colonie le pasteur Guillaume Barjon est parti pour Helmarshausen en Hesse du nord, ou on avait prévu de construire la ville de Karlshafen. Il en fut le premier pasteur. Quelques membres de la communauté pouvaient rester à Aarau des lors qu’ils étaient en mesure de survivre par eux-mêmes. Cela était possible pour quelques-uns car l’industrie textile d’alors fut à son apogée.

Les voies d’eau il y a 300 ans
Pendant des siècles on a préféré les vois d’eau aux routes terrestres. Ce n’est qu’avec la construction des routes au 18è siècle que le trafic s’est déplacé davantage sur la route. Pourtant ce n’est qu’à la 2è moitié du 19è siècle que le transport fluvial fut relayé par le chemin de fer. Le trafic maritime servait en premier lieu au transport des marchandises, seules quelques places étaient prévues pour des passagers. Les transports réservés aux personnes faisaient exception comme par exemple le transport des réfugiés huguenots et des Vaudois du Piémont.

La ville de Berne dont le territoire s’étendait alors du lac Léman presque jusqu’au Rhin prenait soin de permettre aux réfugiés de poursuivre leur route aussi vite et agréable que possible au temps du plus grand mouvement de fuite dans les années après la révocation de l’Edit de Nantes en 1685. Pour cela les réfugiés empruntaient les voies d’eau. Leur chemin les conduisit d’Yverdon en passant par les lacs de Neuchâtel et de Bienne jusqu’à Nidau. Delà ils empruntaient la Zihl jusqu’à l’embouchure de l’Aar à Meienried. De Berne les bateaux – des « Weidlinge » (gabarres) habiles, particulièrement adaptés aux fleuves- passaient par Aarberg vers Meienried. Ensuite ils empruntaient l’Aar jusqu’à Brugg, d’où ils pouvaient prendre la route jusqu’à Schaffhouse. Le trajet à travers le canton catholique de Soleure ne posait pas de problème car les autorités de Soleure étaient davantage préoccupées par la paix fédérale et l’amitié avec Berne que de satisfaire les vœux de la France et des ambassadeurs qui résidaient dans leur ville. L’accident de bateau survenu en 1687 près de Lyss qui causait la mort de 111 huguenots montre que le voyage par bateau n’était pas sans dangers. On pense que l’accident eut lieu parce que les bateaux étaient surchargés et les matelots étaient ivres. Il n’en reste pas moins que la navigation entre Aarberg et Meienried était particulièrement dangereuse.

La première année de l’association s’est bien passée.
L’Assemblée générale a montré que la première année de l’association s’est bien passée. La comptabilité révèle qu’il y a déjà 6 couples et 18 particuliers qui ont réglé leur cotisation, s’y ajoutent 8 paroisses et institutions des cantons d’Argovie, de Zurich et de Schaffhouse. Nous avons développé notre site d’internet (en trois langues) en y intégrant des cartes géographiques de Suisse-mobile avec accès direct. Cet été des enfants faisant parti de la journée récréative en forêt du « Passeport vacances de Schaffhouse » ont fait connaissance de l’histoire des Huguenots. Une délégation a participé à l’inauguration du chemin au bord du lac de Bienne et à une rencontre à Neuchâtel. En mars 2019 une célébration a eu lieu au Fraumünster de Zurich en raison du nouvel emplacement de la plaque commémorative des Huguenots et des Vaudois du Piémont. Elle fut organisée par la paroisse du Fraumünster et l’Eglise française. La plaque est à nouveau bien visible sur le mur extérieur vers le Münsterhof. Finalement nous avons proposé en mai une visite guidée avec Léonie Meier sur le chemin des Huguenots en partant de Schafisheim jusqu’à Lenzbourg ; elle a eu beaucoup de succès. La suite du chemin vers Aarau est en préparation.

A la suite de l’Assemblée générale, le vendredi après-midi, ont eu lieu des exposés entrecoupés par un apéritif riche à la maison de paroisse « Zur Zinne ». Lors de la manifestation bien fréquentée dans le chœur de la Stadtkirche d’Aarau Françoise Kuhn (l’orgue) et Ursula Kern (flute) ont joué de la musique autour du psautier huguenot. En ouverture de l’assemblée générale Pierre-André Glauser a dit quelques mots d’accueil en rappelant –faisant allusion aux conférencières- l’importance des femmes dans l’histoire des Huguenots et des Vaudois du Piémont. Frank Ganter, président de la paroisse d’Aarau, a salué la manifestation du soir. Ueli Graf, ancien pasteur de la Stadtkirche, a fait une description de l’église se référant à l’histoire de celle-ci et Françoise Kuhn a démontré dans son exposé l’importance centrale du psautier huguenot pour l’affirmation de la foi réformée.

Traduction: Régine Lagarde